Une installation hybride associe des panneaux, une batterie et un onduleur qui arbitre en permanence entre le solaire, la batterie et le réseau. Elle consomme d’abord votre production, stocke le reste, et n’appelle la STEG qu’en dernier — tout en vous alimentant pendant une coupure.
Hybride, autonome, raccordé
- Raccordé au réseau : les panneaux produisent, vous consommez, le surplus part sur le réseau. Pas de batterie. Pendant une coupure, tout s’arrête.
- Autonome : aucun lien avec la STEG, tout repose sur les panneaux et une grosse batterie. Réservé aux sites isolés, et nettement plus cher.
- Hybride : les deux à la fois. Vous restez raccordé, mais vous avez une batterie. C’est la configuration qui intéresse la majorité des foyers, et elle est encadrée par la STEG depuis le 21 juillet 2026.
Les trois éléments
- Les panneaux produisent du courant continu. Leur puissance s’exprime en kWc : la puissance maximale théorique, atteinte au milieu d’une belle journée, pas en permanence.
- L’onduleur hybride est le cerveau. Il convertit le courant, décide à chaque instant d’où vient l’électricité que vous consommez, gère la batterie, et bascule automatiquement quand le réseau tombe. Point non négociable : pour une installation raccordée, il doit figurer sur la liste des modèles acceptés par la STEG, avec sa date de validité.
- La batterie stocke ce que vous ne consommez pas. Sa capacité s’exprime en kWh — une grandeur totalement différente des kWc.
Une journée type
- Le matin, les panneaux produisent, la maison consomme peu, le surplus charge la batterie.
- À midi, c’est le pic de production et souvent le creux de consommation : la batterie finit de se charger.
- En soirée, la production baisse et la consommation grimpe : l’onduleur puise dans la batterie plutôt que dans le réseau.
- La nuit, si la batterie est vide, il bascule sur le réseau sans rien vous demander.
- Pendant une coupure, il isole la maison et l’alimente depuis la batterie et les panneaux.
L’ordre de priorité
- La consommation directe. Le kilowattheure le plus rentable : il ne transite par rien.
- La charge de la batterie.
- Le réseau, en dernier recours.
D’où un conseil gratuit : déplacez ce que vous pouvez vers les heures de production. Lave-linge, chauffe-eau, pompe. Un appareil qui tourne à 13 h plutôt qu’à 21 h consomme une électricité qui ne passe ni par la batterie ni par le compteur.
kWc ou kWh : la confusion à éviter
| Panneaux — kWc | Batterie — kWh | |
|---|---|---|
| Ce que ça mesure | La puissance : à quelle vitesse vous produisez | La capacité : combien vous pouvez stocker |
| Ce que ça détermine | L’économie sur votre facture | L’autonomie pendant une coupure |
| On l’augmente si… | Votre facture est élevée toute l’année | Vous subissez des coupures fréquentes |
Deux foyers avec la même facture peuvent donc avoir besoin de systèmes très différents. Augmenter l’un ne compense jamais l’autre.
Quelle batterie ?
Le LiFePO₄ s’est imposé face au plomb pour le stockage résidentiel : décharge plus profonde, durée de vie bien supérieure, aucun entretien, meilleure tenue à la chaleur.
Nous détaillons les technologies et les chiffres à vérifier sur une fiche technique dans notre guide dédié : « Batteries solaires : quelle technologie choisir en Tunisie ? »
Les erreurs fréquentes
- Sous-dimensionner la batterie en pensant en ajouter plus tard : ce n’est pas toujours possible, et rarement au même prix.
- Sur-dimensionner sans avoir chiffré ce qu’on veut alimenter. La bonne question n’est pas « tenir combien de temps » mais « tenir combien de temps, avec quoi allumé ».
- Choisir un onduleur non évolutif : si vous commencez sans panneaux, prenez-en un capable d’en recevoir.
- Négliger l’emplacement : un local ventilé et à l’ombre prolonge la vie du matériel.
À retenir
- L’onduleur hybride est le cerveau : il arbitre seul entre solaire, batterie et réseau.
- L’ordre est toujours le même : consommation directe, batterie, puis réseau.
- kWc et kWh ne sont pas la même chose : les panneaux font l’économie, la batterie fait l’autonomie.
- L’onduleur doit figurer sur la liste STEG pour une installation raccordée.